SCHIZOPHONIE

Jeu scénique en forme de lecture musicale d'Antonin Artaud

par Filippo De Dominicis et Guy Raynaud

photo Jovite De Courlon

« C’est dans l’espace hanté par le théâtre que les choses trouvent leurs figures, et sous les figures le bruit de la vie ». Antonin Artaud

 

 

Au commencement du projet quadriennal « Au nom du père », cette création ouvre un nouveau parcours labyrinthique au centre duquel, après l'aventure du « Diptyque de la Nuit » consacré à deux pièces de Bernard-Marie Koltès, Tempo Théâtre interroge l'archétype du père. Antonin Artaud, est à l'honneur de la recherche, en tant que père du théâtre contemporain : il théorise le renversement de l'ordre et de la hiérarchie entre la scène et la littérature dramatique, donnant à la matière physique du plateau et de la mise en scène la priorité sur le texte.

 

Au-delà de notre langage parlé, de notre parole articulée il y a bien quelques territoires à explorer. Artaud ce fut aussi un grand explorateur de l' « au de-là » du jeu de l'acteur, de la notion de personnage, du sens commun de la dramaturgie. Nous avons cherché des matières sonores dans un espace non théâtral, pour créer avec les spectateurs une intimité propice au voyage acoustique et sensoriel. Nos corps réagissent ainsi à une matière qu'il a fallu laisser venir nous envahir, et ce Verbe qui nous interpelle, celui d’Artaud, qui nous traverse sans les laisser intacts. Dans ce labyrinthe, suspendus entre légèreté et pesanteur d'un jeu à la fois dramatique et quasi-burlesque, nous invitons le public physiquement au centre de la composition, au contact direct avec la matière textuelle découpée dans l’œuvre en en recherchent la vibration sonore, musicale, concrète. La lecture rencontre le mot « être » dit en plusieurs sens, ou Artaud ramène sans cesse la connaissance de l'homme avant tout à la matière : celle du son et celle des corps et des voix.

 

La schizophonie consiste à séparer le son de sa source, et à en montrer la séparation, pour lui donner une existence indépendante.

 

Schizphonie est une création nomade : elle n'a pas une fiche technique standardisée, elle se réalise à contact avec les espaces, et se recrée à nouveau à chaque représentation. Les textes pourront changer, les actions et les lectures aussi. Nous demandpns pour chaque nouvelle mise en scène un temps de résidence d'au moins trois jours, et au moins trois dates de représentation, avec une jauge limitée selon les conditions de l'espace choisi.

 

 

Filippo De Dominicis

Guy Raynaud