Pinocchio

 

le pantin maraviglioso

 

  de et avec

 

 Filippo De Dominicis et
Estelle Richir

 

d'après Collodi

 

 Musique de Christian Clavère

 

jouée par

Christian Clavère (violon)

Frédéric Machemehl (flûte)

 

dessin scénographique et lumières : Filippo De Dominicis

avec la complicité de

CHizzz et Fabian Cordy

 

régisseur lumières : Fabian Cordy

 

masques de Robin Summa

costumes et accessoires de Anaïs Massini

 

crédit photo Patrice Lemoux

 

Pinocchio est une des paraboles de l'incarnation, et donc de la « descente » de l’âme immortelle sur la terre. Mais il est aussi, comme tout conte de fées, une métaphore : celle du passage de l'enfant tout-puissant, incapable de se définir en «moi mortel», qui tout veut et tout prétend sans limites, à l'adolescent qui voit son enfance perdue, et entame le parcours du «devenir homme», adulte.

 

La figure de Geppetto (diminutif de Giuseppe, Joseph), représente l'homme qui choisit, comme Dieu, de créer son propre fils. Il le sculpte dans le bois, comme Dieu avait créé Adam de la terre, il le «sort» de l'arbre comme s'il en extrayait l'esprit. Il choisit d’être père, donc, non pour l’amour d'une femme, mais pour le désir même d'aimer un fils, de l'éduquer.

 

Geppetto est la figure éducative par excellence, car il est père par amour, et il est prêt à tout sacrifice pour le fils : il vendra sa veste pour lui acheter l’abécédaire, il ira en prison à sa place, il traversera la mer en barque et il survivra dans le ventre du requin, pour pouvoir enfin le retrouver.

 

La figure de la Fée, mère absente et magique, sœur et éducatrice cruelle et salvatrice, est de l'ordre du fantasme : elle apparaît et disparaît, meurt et renaît, guide le pantin vers sa transformation finale en enfant.

 

La pièce réduit l’histoire aux chapitres dans lesquels le protagoniste est confronté aux figures parentales et à celles qui viennent le détourner du « droit chemin » : Le grillon parlant, Mange-feu, Le renard et le chat, Lumignon, le directeur du cirque ; des nombreuses figures « aidantes », il ne reste de que le « Thon philosophe », rencontré dans le ventre du monstre marin.

 

Adressée à tout public, avec une attention particulières aux enfants et leurs familles, notre Pinocchio veut porter l’attention à la parole et au geste éducatif, et à la nécessité de l’expérience pour grandir.

 

L'acteur metteur en scène Filippo De Dominicis et l'artiste illustratrice Anaïs Massini ont conduit un parcours d'éducation artistique et culturelle s'appuyant librement sur l’œuvre de Collodi «les aventures de Pinocchio».

 

Le projet s'est déroulé le long de deux années : avec une classe de CM1-CM2 en 2018 (lecture et illustration d'une sélection de chapitres de l’œuvre, restitution par une exposition des illustrations et une installation sonore) ; avec trois classes de sixième en 2019 (création et jeu du masque, improvisation théâtrale, dessin et création graphique).

 

A partir de cette expérience, la compagnie a entamé une série de résidences, dont la première a eu lieu en juillet 2019 aux Ateliers du geste, au Grand Mas.

 

Pendant le confinement Filippo De Dominicis et Estelle Richir ont enregistré le texte intégral, chapitre par chapitre, grâce au montage à distance réalisé par le compositeur violoniste Christian Clavère.

 

Le trio a continué sa recherche au Conservatoire de l'Aveyron avec une résidence de création (septembre-décembre 2020), pour aller vers les lieux de programmation, proposant un dialogue entre la lecture théâtrale d'une sélection des passages du roman et la composition et l'interprétation musicale, qui s'est enrichi d'une partition pour flûte traversière.

 

photo Barthélémy Balderacchi

photo Barthélémy Balderacchi

Œdipe

 

 

 

projet de création

 

Au nom du père (2016 - 2020)

 

Depuis sa naissance, la compagnie Tempo Théâtre s'intéresse aux traces de l'antiquité, aux archétypes mythologiques qui se retrouvent dans l'évolution de la pratique théâtrale. Cette recherche avait déjà été initiée par la compagnie dans sa mise en scène de deux textes de Bernard-Marie Koltès, La nuit juste avant les forêts et Dans la solitude des champs de coton, réunis au sein d’une même œuvre théâtrale baptisée Diptyque de la nuit (2012-2016). A partir de la dramaturgie et de la langue de l'auteur, la compagnie partait à la découverte de ce qui évoque une parole archaïque. Plus particulièrement, c’était la figure du labyrinthe, associée à celles de la forêt et de la nuit, qui avaient motivé la recherche et les écritures scéniques.

 

"Tout vrai langage est incompréhensible"

 

"Il ne peut y avoir théâtre qu'a partir du moment où commence réellement l'impossible et où la poésie qui se passe sur la scène alimente et surchauffe des symboles réalisés"

 

"C'est dans l'espace hanté par le théâtre que les choses trouvent leurs figures, et sous les figures, le bruit de la vie"

 

(Antonin Artaud)

 

"L'écriture de scène c'est tout ce qui n'est pas le texte en amont, c'est le texte sur la scène: le texte a donc la même importance que le plan de feu, la musique, un morceau de bois. L'écriture de scène est ainsi confiée à la fierté de l'acteur en tant que sujet, non en tant qu'ego s'identifiant dans un rôle."

 

(Carmelo Bene)

 

 

"Pensez les structures légères. Fixez peu de choses. Laissez que le discours se transforme en se faisant. Si vous capturez des forces, vous donnerez vie aux formes. Les forces sont dans le temps ; ce qui donne vie aux formes c' est le temps. Le théâtre est le temps. L'art est le temps. Le temps de la scène est le temps vif de nôtre vie. Certains veulent le temps mort. Il y en a qui nous voudrait morts. Défendons nous."

 

(Claudio Morganti)